Entre la porte et la fenêtre

Quand Dieu ferme une porte, il ouvre une fenêtre.

On entend souvent cette fameuse phrase…Mais on parle très peu du In between. Quand il ferme une porte, mais n’ouvre pas de fenêtre, du moins pendant un moment. On parle très peu de ce moment qui peut durer longtemps. Ce moment qui s’étire et nous fait questionner: Est-ce qu’on a été oublié?

Je crois fermement que quand Dieu permet qu’une personne quitte notre vie, qu’un chapitre se termine, une opportunité se dissipe, il a l’intention de remplacer par meilleur. Mais rien n’est promis qu’il va remplacer tout de suite. Rien n’est promis non plus qu’il va nous faire connaître à l’avance par quoi il va remplacer et à quel moment. 

Dans les dernières années, j’ai vu plusieurs portes se fermer devant moi; opportunités d’emploi, déceptions amoureuses, déceptions amicales, l’idée de nouveaux projets. 

Certaines portes se sont fermées dues à des situations hors de mon contrôle, mais d’autres se sont fermées par choix, par conviction, tout simplement parce que même si j’aurais souhaité que cela fonctionne, je n’étais pas en paix d’aller de l’avant. 

La vérité est qu’une porte fermée par choix demeure une porte fermée. L’espoir d’une possibilité, l’espoir d’un changement, que la relation s’améliore. Cet espoir qui se dissipe au moment où l’on prend la décision difficile de fermer la porte. 

Devant une porte fermée sans indication claire pour la suite, c’est alors que l’état de notre cœur est révélé. Durant cette période d’attente indéterminée, ce moment de vide, de désert, c’est alors que l’état pur de notre cœur est exposé à la lumière.

Dans mon cas, différentes émotions se sont présentées, dont la peur…La peur du Rien. La peur de ne pas avoir de but, la peur de ne pas faire partie d’un plan plus grand que moi, la peur de ne jamais trouver mieux que ce à quoi j’ai renoncé. 

La vérité est que si l’on écoute cette peur, on peut être tenté de sortir rapidement de cette période de Rien. Pour ma part, je me suis souvent précipitée à droite et à gauche, cherchant à étouffer mon insécurité par toutes sortes de distractions, m’empressant à prendre des décisions qui se sont avérées trop rapides et mauvaises pour moi, permettant de nouvelles relations qui n’étaient pas saines. Une partie de moi cherchait à donner un sens, par mon propre contrôle, à la porte fermée. L’empressement de voir une nouvelle avenue se déployer devant moi me donnerait enfin la paix d’accepter et de comprendre la porte fermée. Du moins, c’est ce que je croyais. 

Si la peur est aussi mélangée à la crainte du regard des gens, on souhaite parfois avoir des réponses rapides à donner à notre entourage: ‘’J’ai trouvé un nouvel emploi!’’, ‘’J’ai rencontré quelqu’un!’’. Ces réponses qui nous feront, pour un temps, faire sentir bien au regard des gens. 

Ces impulsions de foncer et d’entreprendre rapidement peuvent nous soulager pendant un temps mais peuvent avoir de graves conséquences…

Et si cette période de In between, cette période que l’on croit être le Rien serait plutôt l’endroit exact où Dieu voulait nous guider. Si, plutôt que de fuir cette période, on y plongeait avec joie et enthousiasme, accueillant chaque moment d’incertitude, chaque moment d’inconnu, chaque moment de néant…

Mais pourquoi j’accueillerais ces moments d’inconnu? 

Parce que le moment d’inconnu n’est négatif que si l’on écoute la peur. La peur est basée sur un mensonge que Dieu nous a oublié, qu’il ne veut pas le meilleur pour nous. Notre cerveau est conditionné à croire et à ressentir ce que l’on voit: Rien. On croit qu’une période donnée dans le temps détermine la prochaine étape de notre vie, ou même les prochaines années. Mais ce qui détermine la prochaine étape de notre vie, ce sont les promesses de Dieu. 

Lorsque Dieu a délivré le peuple d’Israël de l’Égypte, il avait promis une nouvelle terre. Il remplacerait donc l’esclavage en Égypte par la liberté dans un pays où coule le lait et le miel. Mais Dieu les a d’abord guidé dans le désert, au pied du Mont Sinaï. 

 »Vous avez vu vous-mêmes comment j’ai traité les Égyptiens et comment je vous ai portés comme sur des ailes d’aigles pour vous faire venir jusqu’à moi. Maintenant, si vous m’obéissez et si vous restez fidèles à mon alliance, vous serez pour moi un peuple précieux parmi tous les peuples, bien que toute la terre m’appartienne. »  – Exode 19: 4-5 

L’attente a semé un doute dans le cœur des Israélites. La confusion et l’incertitude se sont installées. Les Israélites sont allés jusqu’ à souhaiter être restés en Égypte. 

 »Ils disaient : « Si seulement le Seigneur nous avait fait mourir en Égypte, quand nous nous réunissions autour des marmites de viande et que nous avions assez à manger ! Mais vous nous avez conduits dans ce désert pour nous y laisser tous mourir de faim !» » -Exode 16:3

Leur insécurité, leur peur et leur colère était basée sur ce qu’ils avaient devant eux: le remplacement de l’esclavage par un désert. 

Pourtant, ce qu’ils avaient devant eux était bien plus qu’un désert. Une opportunité de connaître profondément leur Dieu, de lui faire confiance. Dieu a choisi de faire d’eux son peuple précieux, privilégié, afin de leur faire vivre ce temps d’intimité qui allait ensuite les propulser vers leurs nouveaux défis. C’était loin d’être un oubli, mais plutôt une preuve d’amour. 

La réalité est que l’insécurité du peuple les a mené à faire des choix destructeurs, qui non seulement les a empêché de recevoir cet amour de leur Père céleste, mais a retardé le plan de Dieu pour eux. 

Ce temps de désert va se retrouver dans notre vie a un moment ou un autre, parce que notre Papa nous aime trop pour nous offrir la bénédiction qui remplace sans avoir pris soin de notre coeur d’abord. 

Ne passons pas à côté de ce cadeau, cette opportunité du Rien qui peut se transformer en richesse. Accueillons-la avec empressement, en confiance que Dieu prépare, dans l’ombre, la prochaine fenêtre qui s’ouvrira. Car il nous dit: ‘’Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.’’ – Matthieu 6:34 

Mais comment vivre pleinement cette période de désert? 

Au fil du temps et de mes erreurs, j’apprends tranquillement comment vivre cette période dans l’assurance…

  • Chercher la présence de Dieu: Cherchons sa présence et non sa main ni des réponses sur sa volonté. Passons du temps à le louer, à découvrir un livre de la bible que nous n’avons pas encore exploré, a noter tout ce qui nous touche. 
  • Cultiver la reconnaissance: Si Dieu n’a pas encore remplacé, il ne nous a pas non plus abandonné. Gardons notre coeur ouvert, observons chaque petit cadeau quotidien; le support d’une amie, la provision financière, les couchers de soleil au bon moment, notre petit cocon dans lequel on vit, se faire offrir quelque chose sans avoir besoin d’y penser…Parce que tout comme Dieu a continué d’envoyer la manne tous les jours aux Israélites, il continue de prendre soin de nous quotidiennement. 
  • Arrêtons nous pour réfléchir: Si l’on part du principe que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, il n’y a que de bonnes raisons pour lesquelles la porte s’est fermée. Prenons le temps de questionner Dieu…Qu’est-ce qui était mauvais pour moi dans cette situation? Quel était l’état de mon cœur dans cette situation? 
  • Faire de l’ordre dans notre vie: Lorsque Dieu ferme une porte, c’est parfois pour opérer un changement plus profond que tout simplement remplacer par autre chose. Poursuivons la réflexion avec ces questions: Quels sont les éléments de mon ancienne situation que je veux garder et ceux que je ne veux plus? Quelles sont les valeurs que je veux cultiver à long terme? Qu’est-ce que je peux faire aujourd’hui pour cultiver ces valeurs, développer de nouvelles habitudes? 
  • Être intentionnel dans l’attente: Dieu nous demande d’avancer avec confiance vers notre terre promise, sans guider nous-même le chemin et prendre le mauvais. Apprenons de nouvelles choses, rencontrons de nouvelles personnes, développons de nouvelles compétences. Cherchons un nouvel emploi sans en faire une obsession. Posons des actions et laissons Dieu nous donner la paix d’aller de l’avant ou non. 
  • Méditer sur les portes ouvertes du passé: Le cœur humain est vite à oublier les bienfaits de Dieu. Rappelons-nous les moments de notre vie ou Dieu a ouvert des portes de façon inattendue, qu’il nous a donné au-delà de ce qu’on espérait, qu’il a pourvu juste au bon moment. L’année dernière, j’étais en recherche de logement et la perle rare semblait inaccessible pour moi. Je commençais à croire que Dieu aurait pour moi que les restants, un appartement miteux et sombre. J’ai donc pris mon journal et fait une liste des nombreux moments ou il m’avait donné ce que je souhaitais. Quelques jours plus tard, j’ai trouvé un logement qui correspondait à tous mes critères, en plus de petites joies que je n’aurais même pas osé demander…

Dieu veut le meilleur pour nous. C’est lorsque l’on fixe nos pieds avec assurance et confiance dans cette période de Rien que l’on découvre les trésors qui s’y cachaient, la paix qu’il avait pour nous dans ce désert, sa présence qui vaut tellement mieux qu’une fenêtre trop rapidement ouverte…

Photos: Chrystel Bédard

Laisser un commentaire